Handball : Les Bleus ont l'or au bout des doigts
Handball. Finale : France-Islande C'est le jour ou jamais. Celui du rendez-vous avec la gloire qu'espérait le hand français. Défendu de le rater, interdit de se louper.
PÉKIN (Tellement de joueurs depuis tellement de temps attendent cette occasion-là. Les descendants des « Barjots » et des « Costauds » doivent absolument nous prouver qu'ils méritent leur surnom d'« Experts ». Décryptage de cette finale.
L'adversaire. Cette année, les Bleus ont déjà battu les Islandais en janvier à l'Euro (30-21) et en juillet en amical (31-28). Totalement euphoriques dans ces JO, ces derniers pratiquent un handball de combat très rentre-dedans. Car autour de la star Olafur Stefansson (35 ans), il y a davantage de bûcherons que d'esthètes, à l'image du pivot Sigfus Sigurdsson (1,98 m, 114 kg). La plupart jouent en Allemagne et au Danemark, seuls trois en Islande. Un petit pays de 300 000 âmes, soit deux cents fois moins que la France, qui n'a pour l'instant gagné que trois médailles aux Jeux d'été de toute son histoire. Et jamais ses handballeurs ne sont montés sur le moindre podium. Leur parcours actuel suscite donc un engouement exceptionnel dans l'île qui poussera toute entière derrière ses malabars. Convaincus d'avoir déjà écrit la plus belle page de l'histoire sportive de leur pays, ils devraient jouer sans trop de pression. À moins que l'ampleur de l'événement ne les dépasse.
La France favorite. Pleine de talents bruts (Omeyer, Dinart, Bertrand Gille, Narcisse, Karabatic, Abalo), elle est potentiellement supérieure. « Oui, reste qu'un match comme celui-là ne se gagne pas sur la réputation. Mais avec la forme, l'enthousiasme du moment, nuance Claude Onesta, son entraîneur. Or, tous les adversaires des Islandais qui les ont abordés en se disant qu'ils leur étaient supérieurs ont mordu la poussière. »
Le scénario à éviter. Les Islandais aiment mettre le feu aux matches. « Ils nous en avaient passé dix en un quart d'heure au Mondial 2007, se souvient Onesta. On est prévenu et on sait qu'il nous faudra être très forts sur nos bases défensives, et de manière durable pour les user, pour leur faire perdre la confiance en eux qu'ils ont emmagasinée. Ils marquent plus de 30 buts par rencontre. Si l'on arrive à être en dessous de 25 buts, c'est qu'on se sera mis dans un rapport de force favorable. Moi, mon boulot, c'est d'imaginer tous les scénarios possibles et d'avoir une réponse toute prête ».
La médaille. « À Pékin, 12 000 athlètes se sont défoncés pour avoir un petit bout de fer accroché autour du cou. Nous, on sait qu'on ne repartira pas sans. Il en a résulté une sensation de bien-être que je me suis employé à déranger pour que mes joueurs redeviennent conquérants, raconte Onesta. On aura toute la vie pour regarder cette médaille. Le danger serait qu'elle les détourne du titre, une opportunité exceptionnelle qui ne se présentera peut-être plus jamais. »
La soif de reconnaissance. Les joueurs ont publiquement déploré un « manque de valorisation de leur image et de leur statut ». La Fédération a répondu avec une campagne de communication, notamment sur Internet, et le doublement de la prime en cas de titre (100 000 euros chacun). Un titre olympique donnerait-il le coup de pouce faisant véritablement décoller le hand en France ? Jérôme Fernandez y croit dur. « Pour pouvoir hisser notre sport au niveau du rugby ou du basket, pour que les meilleurs joueurs soient retenus en France et que nous puissions attirer les meilleurs étrangers, nous voulons obtenir le Graal. Il n'y a pas de raisons que cela ne marche pas ! »
Handball. Finale : France-Islande C'est le jour ou jamais. Celui du rendez-vous avec la gloire qu'espérait le hand français. Défendu de le rater, interdit de se louper.
PÉKIN (Tellement de joueurs depuis tellement de temps attendent cette occasion-là. Les descendants des « Barjots » et des « Costauds » doivent absolument nous prouver qu'ils méritent leur surnom d'« Experts ». Décryptage de cette finale.
L'adversaire. Cette année, les Bleus ont déjà battu les Islandais en janvier à l'Euro (30-21) et en juillet en amical (31-28). Totalement euphoriques dans ces JO, ces derniers pratiquent un handball de combat très rentre-dedans. Car autour de la star Olafur Stefansson (35 ans), il y a davantage de bûcherons que d'esthètes, à l'image du pivot Sigfus Sigurdsson (1,98 m, 114 kg). La plupart jouent en Allemagne et au Danemark, seuls trois en Islande. Un petit pays de 300 000 âmes, soit deux cents fois moins que la France, qui n'a pour l'instant gagné que trois médailles aux Jeux d'été de toute son histoire. Et jamais ses handballeurs ne sont montés sur le moindre podium. Leur parcours actuel suscite donc un engouement exceptionnel dans l'île qui poussera toute entière derrière ses malabars. Convaincus d'avoir déjà écrit la plus belle page de l'histoire sportive de leur pays, ils devraient jouer sans trop de pression. À moins que l'ampleur de l'événement ne les dépasse.
La France favorite. Pleine de talents bruts (Omeyer, Dinart, Bertrand Gille, Narcisse, Karabatic, Abalo), elle est potentiellement supérieure. « Oui, reste qu'un match comme celui-là ne se gagne pas sur la réputation. Mais avec la forme, l'enthousiasme du moment, nuance Claude Onesta, son entraîneur. Or, tous les adversaires des Islandais qui les ont abordés en se disant qu'ils leur étaient supérieurs ont mordu la poussière. »
Le scénario à éviter. Les Islandais aiment mettre le feu aux matches. « Ils nous en avaient passé dix en un quart d'heure au Mondial 2007, se souvient Onesta. On est prévenu et on sait qu'il nous faudra être très forts sur nos bases défensives, et de manière durable pour les user, pour leur faire perdre la confiance en eux qu'ils ont emmagasinée. Ils marquent plus de 30 buts par rencontre. Si l'on arrive à être en dessous de 25 buts, c'est qu'on se sera mis dans un rapport de force favorable. Moi, mon boulot, c'est d'imaginer tous les scénarios possibles et d'avoir une réponse toute prête ».
La médaille. « À Pékin, 12 000 athlètes se sont défoncés pour avoir un petit bout de fer accroché autour du cou. Nous, on sait qu'on ne repartira pas sans. Il en a résulté une sensation de bien-être que je me suis employé à déranger pour que mes joueurs redeviennent conquérants, raconte Onesta. On aura toute la vie pour regarder cette médaille. Le danger serait qu'elle les détourne du titre, une opportunité exceptionnelle qui ne se présentera peut-être plus jamais. »
La soif de reconnaissance. Les joueurs ont publiquement déploré un « manque de valorisation de leur image et de leur statut ». La Fédération a répondu avec une campagne de communication, notamment sur Internet, et le doublement de la prime en cas de titre (100 000 euros chacun). Un titre olympique donnerait-il le coup de pouce faisant véritablement décoller le hand en France ? Jérôme Fernandez y croit dur. « Pour pouvoir hisser notre sport au niveau du rugby ou du basket, pour que les meilleurs joueurs soient retenus en France et que nous puissions attirer les meilleurs étrangers, nous voulons obtenir le Graal. Il n'y a pas de raisons que cela ne marche pas ! »

